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"The Rainbow Children" marque un nouveau tournant dans la stratégie de Prince et ouvre une ère jazzy sans précédent. Sans se soucier des formats traditionnels auxquels l'industrie du disque nous a habitué, ce nouveau LP est un chef d'oeuvre qui fait date dans la discographie de notre homme. Cette recherche de la liberté a eu lieu par tâtonnement les années précédentes : un "Rave Un2 The Joy Fantastic" trop cadré, un album "High" diffusé sur internet via le NPGMC... Finalement la mise en place d'un nouveau groupe comprenant John Blackwell à la batterie, Rhonda Smith à la basse et Renato Neto aux claviers (ex. Sheila E & The E Train), va permettre à Prince de décupler son inventivité et d'enregistrer quasiment seul ce disque grandiose. Accessoirement, c'est aussi le premier album revenant sous le nom de "Prince". Comme "Sign O The Times" l'a été en son temps, "The Rainbow Children" regroupe en un seul disque un nombre ahurissant de caractéristiques originales, qui lui confèrent une maturité et une évidence telles qu'on se demande comment Prince a bien pu faire pour en arriver là. C'est exactement le même sentiment que l'on éprouvait en découvrant les uns après les autres ses albums des années 80. Nous sommes donc bien en présence du grand retour de Prince. Prince a ainsi créé
un univers totalement original pour ce disque, s'appuyant sur certains
membres de son fantastique groupe, dont l'inégalable John
Blackwell à la batterie, et les choeurs de Millenia (un groupe
de quatre filles). La musique est très recherchée et
ne comporte aucune tentative de récupération des auditeurs
de radios commerciales. Cet album a été créé
en totale liberté, sans chercher à être calibré
pour tel ou tel public, ou telle ou telle radio... Le disque est construit comme une pièce thématique et musicale, mais sans sombrer dans le coté facile des comédies musicales. Plusieurs passages instrumentaux traversent l'album, avec une guitare à la Santana, très mise en avant. L'évolution des arrangements au cours de l'écoute surprend de nombreuses fois. Le son fait très live, mais la technique informatique donne par moment une nouvelle dimension, un son unique, inspiré, en se mélant directement à l'instrumentation réelle sans surenchérir gratuitement. Les 30 premières minutes
de l'album sont tout à fait remarquables (nouveauté jazzy
électrifié, guitare seule, soul finement funky, gospel
de comédie musicale, le tout enrobé d'une évidence
mélodique et musicale). C'est en arrivant à "1+1+1=3"
que l'on a un air de déjà entendu, et la comparaison avec
"Erotic City" est difficile a éviter. Vous pouvez lire ici
une description détaillée titre par titre de cet album. [note : ce texte comprend des commentaires
inspirés de fans] |
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